Carrefour Européen du Patchwork

Tous les ans, en Alsace, se déroule un grand rassemblement Européen sur le thème du patchwork. L’événement se situe en Septembre à Sainte Marie aux Mines. C’est étonnant de voir un petit village organiser un tel événement mais apparemment, c’est le lieu d’origine des Amish. Je ne connaissais pas ce fait historique. C’est Louis XIV qui aurait chassé les Amish d’Alsace. Les Amish commencent à immigrer aux États Unis en 1680 (merci Wikipédia). Historiquement, le quilt est lié aux Amish et à la conquête de l’Ouest Américain. C’est pourquoi le salon du Carrefour Européen du Patchwork est organisé dans le berceau fondateur des Amish, ce petit village d’Alsace: Sainte Marie aux Mines.

Bien qu’étant basée en Bretagne, j’ai eu la chance de participer à ce salon. Ma maman habite en Alsace et son anniversaire tombe à la même période que le salon. J’ai donc fait le trajet (avec ma petite puce) pour cette occasion. J’ai passé deux après-midi au salon: l’une pour découvrir le hall marchand et les expos et l’autre pour participer à un atelier. Je détaillerai l’atelier dans un nouvel article, je vais me concentrer ici, sur le hall marchand et les expos.

Le hall marchand du Carrefour Européen du Patchwork

Une centaine d’exposants se partagent l’espace commercial au Carrefour Européen du Patchwork. Autant vous dire qu’il y a pas mal de stands à découvrir. Il y a principalement de la vente de tissus mais il y a aussi tous les revendeurs de machines présents (Bernina, Pfaff, Handi Quilter…) ainsi que les éditeurs sur le thème du patchwork (Quiltmania et les Éditions de Saxe). Vu l’ampleur du salon, il y a pas mal d’exposant étrangers (Allemands notamment) et on entend parler toutes les langues, c’est assez sympa.

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment été impressionnée par tous ces exposants. C’est vrai que mes goût en terme de tissus ont bien changé ces dernières années. J’ai été déçue de ne pas voir davantage de tissus modernes. Il y a toute une section de style « country » pour ceux qui aiment (mais ce n’est pas mon cas). Les deux stands qui se rapprochent le plus de ce que j’aime sont au fil d’Emma et Odile Bailloeul.

Au fil d’Emma

La boutique Au fil d’Emma possédait un grand stand. Il y avait de jolis tissus (plus dans mes goûts), de nombreux patrons modernes (j’en ai acheté un). Cependant, le stand était vraiment orienté vers la peinture sur tissu, la spécialité de la boutique.Au Fil d'Emma Carrefour Européen du Patchwork

Odile Bailloeul

Le deuxième stand qui m’a attiré l’œil est celui d’Odile Bailloeul. Son univers haut en couleurs est super joyeux, ce qui contraste vraiment avec pas mal de stands assez ternes. Carrefour Européen du Patchwork stand patchwork

J’ai discuté avec une autre personne bien sympathique. Malheureusement, je ne me souviens plus du nom de sa boutique car elle n’a pas souhaité que je la photographie. C’est dommage. Il s’agit d’une jeune Belge qui a récemment fait paraître un livre de patchwork moderne avec les Éditions de Saxe. Je ne comprends pas cette réticence, j’aurais pu faire sa pub dans le blog mais tant pis! En tout cas, je suis ravie de voir apparaitre des livres de quilt moderne en langue française. Alors bravo à elle.

Les expositions du Carrefour Européen du Patchwork

Les expositions sont nombreuses et s’étalent sur plusieurs sites. Il y en a même dans les villages avoisinants. C’est cependant très bien organisé: des navettes régulières vous emmènent dans tous les lieux d’expositions. Tandis que le hall marchand est libre d’accès, les expositions sont, quant à elles, payantes. Avec votre ticket, vous recevez un programme (très bien fait) et il faut bien faire son choix car vous n’aurez pas le temps de tout voir en une seule après-midi. J’ai eu le temps de visiter 3 ou 4 expositions et je vais vous présenter mes coups de cœur .

« Madness » de Brigitte Ammann:

patchwork moderne exposition

J’adore ce quilt. La quilteuse était présente et m’a gentiment parlé de sa démarche et de son inspiration. Il s’agit d’un groupe de quilteuses Hollandaises. Tous leurs quits étaient magnifiques mais c’est vraiment celui là qui m’a particulièrement attiré l’œil. J’aime beaucoup toutes ces couleurs. Par ailleurs, sa technique est vraiment intéressante. C’est de l’improvisation (j’ai pu expérimenter brièvement cette technique lors d’un bord de Round Robin). Brigitte a également teint tous ces tissus. Un travail fou donc pour arriver à un tel résultat vibrant de couleurs.

« Multitude » d’Annie Agius:

rail fence record

Ce quilt est très impressionnant par sa grandeur (la photo ne représente qu’une petite partie du quilt). La quilteuse travaille à la main avec de minuscules chutes de tissus. Elle a commencé son projet en 2006 et compte bien finir cette année. Pour preuve, elle a brodé sur son étiquette la date de fin du projet (alors qu’il est toujours en construction). Cette dame était charmante et expliquait volontiers sa démarche. Je crois qu’elle va faire partie du record Guinness du quilt le plus grand.

Les quilts « rescapés » des instructrices de Handi Quilter:

Une exposition m’a particulièrement plu. Il s’agit d’une collection tout à fait particulière: celle de la directrice marketing de la marque de machine Handi Quilter. Ayant collectionné depuis de nombreuses années des quilts anciens souvent abimés mais surtout non achevés, elle a décidé un jour de les remettre au gout du jour. Pour ce faire, elle a demandé à chacune des instructrices de la marque de quilter (d’effectuer le matelassage donc) un quilt. Le rendu est vraiment surprenant: un mélange de l’ancien avec le quilting moderne.
matelassage patchwork moderne

J’aime beaucoup la démarche et je trouve le résultat vraiment réussi. Je suis sûre que les quilteuses d’origine seraient fières de voir leurs projets achevés. Par ailleurs, je trouve que c’est un bel hommage à celles qui ont dû beaucoup travailler sur leur ouvrage. En effet, cela met en valeur leur travail car, comme je le dis souvent, le quilting donne de la texture mais surtout une âme à un quilt.

Matelassage patchwork etoile

Bilan de la journée

Je souhaitais assister au salon pour me rendre compte de l’univers du patchwork en France. Mon bilan est relativement mitigé. Certes, j’ai découvert de petites pépites qui m’ont bien plu. Cependant, je regrette la présence très discrète du modern quilting. Notamment auprès du hall marchand. Je me suis aussi rendu compte que le patchwork n’est pas vraiment une affaire de jeunes pour l’instant en France. Il est temps de chambouler tout ça (de manière amicale bien entendu).

Dans un prochain article, je vous décrirai ma journée atelier qui m’a énormément plu. A très bientôt.

7 Commentaires

  1. chloeti

    Je ne suis pas surprise, le patchwork en France rime avec vieillot. Pourtant cet art(?) peut être tellement vivant!
    C’est pourquoi je remercie les filles comme toi qui le montre dans toute sa modernité!
    Quant à l’histoire de Sainte Marie aux Mines, je trouve cela super intéressant!

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  2. Kristine

    Ici, http://www.edisaxe.com/patchwork tu devrais pouvoir retrouver ta jeune belge parmi les livres nouveaux ?

    Il faudra encore un peu de temps pour trouver plus de modern quilts à SMAM !
    Merci de tes impressions.

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  3. FilleFutile

    Merci pour la visite !

    Moi aussi ça me fait envie, mais ce qui me freine (en plus de la distance), c’est ce que tu décris, le manque de « modernité ». Ce qui est un peu bête, car techniquement et artistiquement, c’est quand même l’endroit pour faire des découvertes.

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  4. joelle91

    internet étant un bel écran (pour ce que l’on aime), le « patch modern » y est très présent (il y a des merveilles sur pinterest), je navigue et admire! je me suis abonnée à Simply Modern (Quiltmania), c’est vrai que la France a un peu de mal à bouger mais il y a des créatrices toniques et des tissus fantastiques! et des jeunes qui nous poussent au changement, à l’innovation…merci pour tes articles, joelle

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  5. Cocopatch

    ah, oui, SMM a du mal a trouvé une moyenne entre vieilles habitudes, country ou à l’opposé art textile… ça va venir! D’ailleurs je te met un mail pour un projet qui me tiens à coeur!

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  6. Jeanine

    Merci pour cet article et tes impressions sur Sainte Marine. Cela fait longtemps que j’ai envie d’y aller.
    J’ai le même ressentiment en ce qui concerne les tissus et style « country » qui me laissent toujours un peu sur ma faim. C’est pourquoi je mélange joyeusement tous les tissus, que ce soit du batik, des tissus d’éditeurs ou autre cottonades de récup ou non !

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  7. BribriM

    Je souris en lisant cet article ! Ca fait une paye que je fais du patch (plus de 20 ans). A l’époque !!!!, j’étais jeune !!!!! Allez, les filles, osez osez !

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